FONDATION
Le Cycle de Fondation, tome 1
Isaac Asimov
Depuis l’été dernier, je crois, nous avons commencé à regarder la série Foundation sur Apple TV. Le grand, qui est un lecteur audiolib très engagée, notamment en raison de sa dyslexie, passe son temps à pester contre les manquements de la série et le non-respect des livres. De mon côté, je trouvais cela pas trop mal, me souvenant simplement de la difficulté à adapter un cycle qui s’écoule sur autant de temps.
L’Empire galactique commence à rencontrer des difficultés, à s’effondrer sur lui-même, en raison de sa taille, mais personne ne s’en rend réellement compte. Personne, sauf Hari Seldon, un mathématicien qui a réussi à développer un modèle mathématique permettant de prévoir le futur comme on prévoit la météo. Et cette étude révèle que l’Empire va s’effondrer et que l’humanité va traverser une période sombre de trente mille ans, pendant laquelle elle va régresser et perdre ses connaissances. Lors de l’arrivée de Gal Dornick, un jeune mathématicien, sur la planète capitale de l’Empire, il va être arrêté et jugé en raison de son discours anti-impérial. Mais au cours de ce procès, il va réussir à convaincre l’Empire de fonder une colonie dans les domaines reculés de l’Empire, sur une planète semi déserte et pauvre, regroupant une grande quantité de savants qui auront pour but de préserver le savoir en rédigeant une imposante encyclopédie galactique. Seulement, voilà, au bout d’une cinquantaine d’années après la fondation de la colonie sur Terminus, une première crise se prépare : la colonie risque d’être envahie et pillée par les royaumes nés du délitement de l’Empire. C’est à ce moment que l’image de Seldon apparait pour informer les habitants de Terminus que cela a été prévu, comme la solution qui leur permettra de sortir de la crise et qui se révélera d’elle-même, s’ils font le nécessaire. La psycho-histoire, matière fondée par Seldon qui lui a permis de découvrir l’avenir, a prévu ces crises et la façon dont la Fondation s’en sortira, mais sans le révéler à l’avance, pour éviter que ces révélations ne changent le futur.
Alors, le livre a vieilli. C’est une évidence dans tous les romans d’Asimov, qui restent inscrits dans les années 50-60 américains, avec ses valeurs, notamment la place de la femme. Il n’y a pas, comme dans les Robots, un personnage féminin qui vient faire contrepoids au patriarcat en œuvre dans le roman. Alors, certes, Asimov était un humain et, en tant que tel, ne différenciait pas les gens en fonction de leur origine (mais plus de leur sexe, on ne peut pas être parfait partout). Malgré tout, il reste agréable à lire, bien écrit et bien tourné. Les personnages se suivent, ne se ressemblent pas vraiment mais font avancer l’histoire et le monde. Tout est en place et tout fonctionne bien. C’est une lecture très agréable.
Alors, il reste à faire la comparaison avec la série télé. Très franchement, je trouve que les producteurs/scénaristes ont fait un chouette travail d’adaptation. La série télé n’aurait pas donné grand-chose, au moins pour ce premier tome : changement constant de personnages principaux, absence de fil conducteur ou, plus exactement, un fil conducteur qui n’est révélé qu’après coup et des scènes qui auraient donné l’impression que l’on se moquait du public. Alors, certes, adapter Asimov, c’est une gageure : ce qui passe très bien à l’écrit peut être difficile à suivre à l’écran, donc ce n’est qu’une adaptation, avec des idées que je trouve assez bonne, au final.
Relire le livre est donc un plaisir, regarder la série en est un autre et les deux sont différents. Et tant mieux, malgré tout.