Enfin une figurine officielle, en plomb, réalisée par Citadel Miniatures, qui a été utilisée pour représenter un Sorcier du Chaos dans Advanced Heroquest en 1989 (bien que la figurine elle-même ait été présentée à l'origine dans Realm of Chaos en tant que Champion de Khorne).
Il a été un peu laborieux pour moi de peindre son visage, sans que je comprenne pourquoi ça a été si dur alors que d'ordinaire, même si ce n'est pas simple, ça n'est pas à ce point compliqué... Une belle figurine non officielle en tous cas...
Une figurine en plomb des années 80, proposée initialement en tant que monture de Gobelin. Elle a un peu vieilli du point de vue de la sculpture, mais je la trouve bien réalisée au niveau du mouvement.
Je viens ENFIN de poser un "visage sur Nãgendra, la déesse chaotique des Nãgas. Ca n'a pas été simple, surtout qu'il m'a fallu l'intégrer au pandémonium des autres Puissances de la Ruine, établir ses "relations" avec les quatre puissances principales.
Voici un premier jet, dites-moi ce que vous en pensez si vous souhaitez donner votre avis :
Nãgendra :
Au sein du Pandémonium, Nãgendra est perçue comme une Anomalie Souveraine. Elle n'est pas née des émotions humaines, mais des remous causés par les expériences génétiques des Anciens eux-mêmes. De fait, elle possède des clés de compréhension du fonctionnement du monde que même les Quatre Puissances Majeures du Chaos n'ont pas. Elle est celle qui n'attaque jamais de front, mais dont les expériences (la Mahavidia) menacent à long terme de transformer le monde en un immense vivarium dont elle serait la seule observatrice.
Nãgendra n'a pas de corps linéaire fini. Elle apparaît comme un immense serpent dont les anneaux, faits d'écailles translucides semblables à de l'obsidienne et du cristal, se replient sur eux-mêmes à l'infini, matérialisant les contours du Chakra des Possibles. Quand on la regarde, on a l'impression de fixer une structure géométrique impossible à concevoir pour un esprit mortel.
Au centre de ces anneaux mobiles se dresse une tête unique, d'une symétrie parfaite et terrifiante. Ce n'est ni un visage humain, ni un visage de serpent, mais un masque de jade blanc, lisse et sans yeux. Cependant, lorsqu'elle s'exprime ou s'apprête à dévorer un concept, ce masque se fend verticalement en plusieurs mandibules, révélant une obscurité abyssale tapissée de millions de petites dents acérées en malpierre, d'où s'échappent des formules mathématiques susurrées et des cris d'âmes disséquées.
Elle ne possède pas de bras charnus comme ses filles, mais des dizaines d'appendices d'énergie pure, fins comme des aiguilles ou des scalpels, qui flottent autour d'elle. Ces membres de pure volonté dissèquent la trame du réel, manipulent les brins de l'évolution et injectent le changement directement dans le sang de ses sujets d'expérimentation.
Ses écailles brillent d'un éclat vert malpierre mêlé au blanc stérile des laboratoires oubliés. Ses blessures ne saignent pas : il s'en écoule une substance luminescente et argentée (sorte de fluide amniotique des Possibles), capable de faire muter instantanément toute créature touchée.Les mortels de l'Inja n'ont pas donné un "nom propre" à cette abomination cosmique, car son vrai nom dans le Warp est probablement imprononçable. À la place, ils l'ont nommée d'après sa fonction absolue dans leur langue : Nãgendra,La Souveraine de la race des Serpents.
Le point de vue de Tzeentch : La rivale scientifique
Tzeentch est le Dieu du Changement, mais son approche est magique, chaotique et basée sur l'espoir et l'ambition. Nãgendra, elle, cherche le changement par une approche méthodique, froide, calculée et chirurgicale (la Mahavidia). Tzeentch la voit comme une rivale fascinante mais trop rigide. Il s'amuse à saboter les Nidani (les Grandes Questions) en introduisant des variables aléatoires dans les expériences des douze Reines Nãgas Primordiales pour prouver que la science ne peut pas dompter le Chaos... Ce que Nãgendra n 'espère même pas démontrer en définitive... Le point de vue de Slaanesh : L'obsession esthétique
Bien que les parchemins d'Inja assimilent parfois les Saptha Kannigas aux filles de Slaanesh, le Prince Noir éprouve un profond dédain pour la froideur de Nãgendra. Pour Slaanesh, la recherche de la perfection physique et spirituelle des Nãgas est louable, mais elle est gâchée par leur absence totale de passion et de plaisir, exception faite de leur voraces appétits. Slaanesh voit Nãgendra comme un automate sans âme, mais adore tenter de corrompre les douze Reines en transformant leur quête scientifique en une obsession narcissique pure.
Le point de vue de Nurgle : L'antithèse absolue
Nurgle est le dieu de l'évolution naturelle, de la décomposition et de l'acceptation de la déchéance de la chair. Nãgendra est son exacte antithèse : elle refuse le cycle naturel, elle force la chair à muter selon des protocoles froids, et ses laboratoires sont des environnements contrôlés ne laissant théoriquement rien venir contaminer ses expériences. Nurgle la hait profondément, la considérant comme une insulte à la vie sauvage.
Le point de vue de Khorne : Le mépris de l'intellect
Pour le Dieu du Sang, Nãgendra est une lâche. Disséquer des sujets sur des tables, comploter à long terme, manipuler le vivant par des formules plutôt que par la force brute... Khorne n'a que faire de la Mahavidia. Cependant, il respecte le goût prononcé des Nãgas pour le sang versé lors de leurs rituels, même s'il ne savoure cet aspect que lorsque les Serpents cèdent à leur frénésie, ivres de carnage, lorsque leur soif les submerge.
On pourrait objecter que Nãgendra ne paraît pas assez "chaotique", qu'elle est trop ordonnée, mais ses concepts poussent les Reines Nãgas Primordiales à des interprétations très différentes des Grandes Questions. Le langage scientifique authentique est supposé ne pas être sujet à interprétation, mais les Grandes Questions sont justement si cryptiques qu'elles sont un paradoxe entre des concepts ordonnés et fiables et un constant doute, voir une impossibilité absolue de trouver la bonne méthode pour y répondre. Un peu comme lorsque ni la Théorie de la Relativité, ni la Mécanique Quantique ne sont capables de résoudre les énigmes des singularités des Trous Noirs et de la nature de ce qui existait (ou non) juste avant le big-bang.
Cette apparence ordonnée s'effondre dès que l'on comprend que le Chaos ne naît pas seulement de l'anarchie, il naît aussi de l'obsession et de la contradiction des systèmes parfaits : le Chaos de l'Esprit face à l'Insoluble. Les Nidani (les Grandes Questions) posées par Nãgendra sont des équations impossibles. Elles utilisent des termes d'une précision chirurgicale pour décrire des concepts qui brisent la logique. Pour les douze Reines Nãgas Primordiales, chaque Nidani est une énigme absolue. C'est le dilemme des physiciens face au Big Bang : deux théories mathématiquement parfaites arrivent à des conclusions totalement contradictoires. C’est ici que le Chaos reprend ses droits de manière viscérale. Parce que la formule de Nãgendra est cryptique, chaque Reine est persuadée d'avoir trouvé la "méthode scientifique légitime". Elles s'entre-déchirent, se sabotent et plongent Khuresh dans une guerre civile intellectuelle permanente, tout cela au nom d'un dogme qui se prétend "ordonné". Le vrai Chaos de Nãgendra, c'est le chercheur qui devient fou parce que ses calculs rigoureux mènent à une impossibilité physique. C'est la frustration cognitive poussée jusqu'au fanatisme. Nãgendra n'est pas "ordonnée" : elle utilise les outils de l'ordre (la géométrie, la taxonomie, la génétique) pour pousser ses sujets et ses adorateurs jusqu'à la rupture, là où la logique linéaire des mortels explose pour révéler la folie pure du Warp. C'est une horreur intellectuelle implacable.
Ce qu'il y a d'amusant, c'est que les Skavens du Clan Skryre, et surtout ceux du Clan Moulder, on beaucoup de points communs avec les recherches effrénées des Nãgas, même si leurs méthodes diffèrent : Les Nãgas récupèrent, détournent et corrompent sans vergognes, les artefacts archano-technologiques des Anciens, créant des mécanismes aberrants et meurtriers, imprévisibles, alors qu'ils étaient d'une précision et d'une perfection inaccessibles aux simples mortels, pour en arriver au même résultat que les machineries infernales du Clan Skryre. Quand aux créations monstrueuses des Nãgas obtenues en modifiant des créatures vivantes et parfois surnaturelles, en ajoutant à la science des ressources magiques, on obtient des résultats aussi grotesques et monstrueux que les créations du Clan Moulder. Les différences étant que les Nãgas sont ô combien plus patients et méticuleux que les Skavens, qui sont pour leur part dramatiquement inconséquents, enfiévrés dans leur hâte de résultat et qu'ils se fichent pas mal des conséquences à court terme pourvu que ça donne au moins un résultat satisfaisant. Un scientifique ne sera sans doute pas satisfait tant que sa création n'approchera pas les 90% d'efficacité, un Skaven se contentera d'un 5% : si un Canon à Malpierre décime un régiment ennemi avant d'exploser et de tuer une cinquantaine de Skavens, peu importe, la machine a prouvé qu'elle fonctionnait (et s'il y a eu un défaut, c'est bien à cause d'un subalterne incompétent ou d'un traître qui l'a saboté, c'est forcément ça). Le fait de poser les Nãgas comme des versions "patientes, méticuleuses et hautaines" des Skavens permet aux joueurs d'appréhender immédiatement leur dangerosité. On ne fait pas face à une horde de rats paniqués, mais à une oligarchie de chirurgiens implacables qui ont tout le temps du monde pour vous disséquer.
Une figurine Citadel en plomb des années 80 proposée pour représenter un Fantôme dans la Quête pour Advanced Heroquest "La Quête de Sonneklinge" publiée dans White Dwarf.