Je m’interroge sur le jeu de rôle

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Celi
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle

Message par Celi »

Le jeu de rôle c'est quand même grandement démocratisé. Il a crû et embelli.

Mes gamins ont fait leur première partie vers 7 ou 8 ans... je ne sais pas combien de rôliste de 2eme ou 3eme génération (année '80 et '90) ont été initiés au JDR par leur parents à cet âge mais ça doit pas être des masses. Aujourd'hui ça n'a rien d'exceptionnel.

Il apparait quand on lit le thread qu'il y'a des cycles chez la plupart des rôlistes. La vie familiale freine quand même pas mal la pratique pendant plusieurs années. Adolescence/initiation, jeune adulte/pratique intensive, vie active et familiale/ ralentissement, puis reprise ?!?
Sans compter les spécificités de la pratiques qui souvent s'effectue avec un groupe d'amis particulier.

Mais je suis convaincu qu'il y' toujours autant de joueurs prêts à faire de longues campagnes. 
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Loludian
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle

Message par Loludian »

Bonx a écrit : dim. juin 14, 2026 2:54 pm Les grandes campagnes c'est un peu comme le compteur qui indique max 280 km/h. On se dit que la voiture a du potentiel, que ce serait le rêve d'y aller un jour mais concrètement, au quotidien, on roule à 50.

En fait, ça dépend des groupes. Perso, je préfère acheter un jdr avec une grande campagne, car je sais que j'aurai une histoire assez longue (plus que deux ou trois séances), pour occuper mon groupe pendant une année.
J'ai fait jouer la Malédiction de Strahd l'an dernier dans cette optique, et il y a quelques années tout Z-Corps, ainsi que la campagne Wasteland, et en ce moment on est sur la campagne finale de Knight.
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Xav
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle

Message par Xav »

Je joue depuis 1986.
Depuis, je crois qu'il y a une seule campagne que je n'ai pas fini, ce doit être celle de Warhammer en tant que joueur.
Sinon, si je ne me trompe pas, on a tout fini sur nos JDR préférés en MJ ou joueur : Stormbringer, Hawkmoon, Star Wars D6, Bloodlust, Cyberpunk...
Récemment, j'ai fait en MJ : Barbarians of Lemuria, Black Sword Hack, Vaesen...
Je joue beaucoup en campagne, c'est ce que je préfère. C'est l'expérience la plus riche.
A côté de ça, je joue un peu en carrière, ça m'arrive.
Mes Aides de jeu pour Star Wars D6 (en PDF) : https://xav12.itch.io/equipement-mandal ... ar-wars-d6 

Mes Aides de jeu pour Stormbringer V1 (en PDF) : https://xav12.itch.io/stormbringer-livr ... ication-v1
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Arthus
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle

Message par Arthus »

Franchement bravo @Black Dougal et @Celi, vous avez parfaitement su résumer pas mal de points essentiels de façon claire et élégante ! 😀

De mon côté, et pour broder sur mes réflexions du moment, je me demande ce qu'on entend par "campagne".

En effet, entre la grande campagne scriptée type Warhammer/adventure path, les campagnes plus ouvertes type pendragon et les sandbox, ce n'est pas le même genre.

Et pour le second type, "continuer tant que ça plaît" peut être un but en soi, contrairement au premier type pour lequel la fin est plus ou moins écrite à l'avance, avec de la possible frustration si on atteint pas tel scénario ou scène d'anthologie qui faisaient rêver et qui ont motivé le choix de proposer la campagne côté MJ.
"Blowing out someone else's candle doesn't make yours shine any brighter."
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle

Message par Esbehmj »

En ce qui concerne les campagnes qui ne parviennent pas à une conclusion "définitive" ou au moins satisfaisante (c'est hélas mon cas en tant que MJ pour une campagne maison que je n'ai jamais pu finir), j'oserais un parallèle avec cette question ouverte :
Combien avez-vous commencé de séries "télévisées" (ou de web-séries) qui ont été arrêtées par les chaînes / plateformes faute d'audience ou que vous avez lâchées par manque d'intérêt ?

Bons jeux.
QADD, le JdR de Charlie Fleming, traduit et augmenté par mes soins : http://www.reves-d-ailleurs.eu/viewforum.php?f=180

D6D, mon dernier petit jeu fantasy en 20 pages : viewtopic.php?p=48306#p48306
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle

Message par sherinford »

Ravortel a écrit : sam. juin 13, 2026 3:02 pm Mais... en quoi est-ce un problème que la campagne n'aille pas à son terme ?
Pourquoi diable vouloir l'éviter à tout prix ?

Il y a une sensation d'inachevé.

Et puis, d'expérience, les campagnes qu'on garde en mémoire sont bien souvent celles qui ont eu une fin satisfaisante (pas nécessairement heureuse).
"Si tu souffres à propos de quelque chose d'extérieur, ce n'est pas cette chose qui te trouble, mais ton jugement sur elle ; il dépend de toi de le faire disparaître." - Marc-Aurèle
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle

Message par Loludian »

Esbehmj a écrit : lun. juin 15, 2026 8:24 pm En ce qui concerne les campagnes qui ne parviennent pas à une conclusion "définitive" ou au moins satisfaisante (c'est hélas mon cas en tant que MJ pour une campagne maison que je n'ai jamais pu finir), j'oserais un parallèle avec cette question ouverte :
Combien avez-vous commencé de séries "télévisées" (ou de web-séries) qui ont été arrêtées par les chaînes / plateformes faute d'audience ou que vous avez lâchées par manque d'intérêt ?

Bons jeux.

Très peu, car justement je ne regarde que les séries qui ont une fin réelle, ne supportant pas, comme en jdr, avoir des histoires inachevées.

Et en jdr comme en série, il y a des formats plus réduits qui permettent d'être sûr de pouvoir boucler (sauf gros imprévu). Les bursts d'Yno, Greenberg, les Encagés, ou même des campagnes issues de gammes comme Wasteland ou (bientôt !) Z Corps etc.
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle

Message par Ravortel »

Je ne joue pas pour la complétion de campagnes. Je joue pour les scènes elle-mêmes : j'ai fait jouer Ténêbres sur la Forêt Noire, mais ce qui m'intéresse, et dont je me souviens, sont les scène épiques ou mémorables (selon, c'est pas la même chose du tout avec mes joueurs mi-Pixar mi-hobbits) qui l'ont constellée. Suis-je vaguement clair ?

La campagne est un écrin. Les scènes sont les perles. "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse".
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle

Message par Vociférator »

Or donc, j'ai moi-même passé le demi-siècle et pour faire écho à ton parcours @Etienne C et je dirais, comme un peu tout le monde ici, que j'ai suivi une trajectoire similaire.

Coup de foudre avec le loisir et parties jusqu'à plus soif pendant mes années de collège, ralentissement pendant mes années de lycée dû à un changement de bahut et donc l'éloignement avec mon groupe de jeu (qui a lui-même muté pendant cette période), et reprise avec mes années d'étudiant, mais dans un format assez chaotique et finalement proche de celui de mes années lycée : je papillonnais avec plein de tables différentes en fonction d'où j'étais situé alors physiquement, parce que j'ai pas mal bougé pendant cette période.

Sur cette première période, je n'ai jamais fait de campagnes fleuve : même en comptant les années collège où on jouait quasi quotidiennement, on enchaînait alors plus les donjons que de s'inscrire dans un univers et de l'arpenter au gré d'intrigues complexes.

Quand la vie active fut venue, j'ai eu mon gros coup d'arrêt, d'abord avec un nouvel éparpillement de mes groupes de jeu, et accentué également avec la morosité de la production ambiante : que du d20 System :twisted:, et la disparition progressive des grosses locomotives françaises des années 1990 avec Multisim, puis Descartes, et même Siroz qui se dissolvait dans Asmodee (sans le é). La flamme allumée par le coup de foudre était cependant encore là : je me suis investi à fond dans le Grandeur Nature, qui était plus en lien avec mon rythme de vie de jeune actif (loisir pendant le WE, et budget perso le permettant désormais).

La vie de couple et de famille avec l'arrivée des enfants a été mon deuxième coup d'arrêt (GN de plus en plus espacés), ce qui m'a fait me repencher sur mes collections de JDR, d'abord pour rattraper un retard de lecture de ce que mon budget me permettait désormais de financer sans que je n'ai le temps pour l'absorber. Et puis l'idée aussi de jouer avec les enfants a commencé à faire son chemin, mais il y a 15 ans, le matériel d'initiation était soit antédiluvien (retrouver une boîte rouge d'occasion), soit inexistant : le marché n'avait pas encore repris son essor.

Après un peu de reprise très épisodiques (des parties très ponctuelles en présentiel, un peu de conventions), c'est la période COVID qui m'a remis un coup de pied au cul pour jouer avec les enfants. On a fait la campagne de la boîte COF d'initiation, à défaut qu’on puisse les balader en vacances pendant les périodes de confinement.

Depuis, et parce que géographiquement les choses sont devenues aussi plus simples, je me suis remis à jouer. Je ne vais pas dire beaucoup mais quand même, je ne vais pas dire des campagnes longues, mais quand même (L’Ombre de la Reine Dragon pour D&D5, les saisons 1 et 2 pour Critical : Fondation, Les Mystères de Paris). Avec cette expérience, je sais qu’il n’est pas facile avec un rythme de vie familial de m’investir dans des campagnes de longue durée, mais je n’ai en général personnellement pas de format privilégié : grâce à ma ludothèque étendue, je dégaine ce qui s’adapte à l’air du temps, et j’adapte ma ludothèque en conséquence en me débarrassant de ce que je ne jouerai jamais (Horreur sur l’Orient Express, Le Sceptre aux 7 Morceaux, Des Cendres aux Cendres, la Campagne du Nouveau Monde pour Guildes pour ne citer que quelques ouvrages qui ont quitté mes étagères sans regret).

Quant aux plus jeunes générations, je m’éclate avec quand je les fais jouer : les enfants qui grandissent trop vite, et leurs ami(e)s ou cousin(e)s qui en redemandent. Je n’ai pas de problème pour les tenir sans écran pendant la durée allongée d’une partie (parfois 5-6h de jeu). Comme je les fais jouer, ils accepteront sans sourciller de s’engager dans une longue campagne ou un one shot express. En revanche, sur ma pratique, j’ai pu constater sans vouloir faire de généralités que les grosses compagnes avec intrigues à tiroir et PNJ trop nombreux ont fait décrocher mes plus jeunes participants (en-dessous de 15 ans). Plus qu’une question de durée, c’est pour moi une question de complexité qui doit interroger, ce qui me semble absolument pas un sujet générationnel quand je vois ce que je cherchais moi-même à leur âge.

Quand Etienne tu poses en conclusion la question sur ce qu’est devenue la pratique du jeu de rôle, par rapport à celle que tu as que tu as connue, la réponse – peut-être trop simpliste – est pour moi la même que celle des origines : le jeu de rôle est avant tout une énorme auberge espagnole qui de tous temps a hébergé une population avec clairement pas les mêmes origines sociales et le même niveau d’éducation, mais avec la même motivation d’imaginaire. Charge ensuite à chacun d’apporter et de trouver ce qu’il est venu chercher : un moment de fun pour s’éclater sans se prendre la tête, un moment culturel où des références poussées auront été travaillées en amont et seront exploitées à fond dans le scénario, un moment d’impro ou de co-construction en totale liberté, un moment où on voudra faire jouer surtout les émotions ou l’introspection, etc. etc.

Je trouve que le marché aujourd’hui reflète très bien ce que le jeu de rôle est devenu au fil des branches qu’il a développées, mais qui portaient déjà tous ces germes à ses origines.

Pour revenir sur le questionnement sur les grandes campagnes, je mettrai en perspective que l’offre sur les campagnes fleuve n’a jamais été aussi pléthorique : est-ce que c’est porté juste par des rôlistes aux moyens confortables et qui ne les joueront jamais ? certainement en partie, mais certainement pas pour la totalité. Et quand bien même beaucoup dorment sur des étagères, elles retomberont dans les mains de nos enfants que nous aurons initiés et qui seront contents de retrouver ces matériels à nos décès, et peut-être de se relancer dans le jeu s’ils s’en sont eux-mêmes éloignés.

Bref, on a eu peur de la mort du jeu de rôle à plusieurs cycles : je pense qu’on est dans une période où c’est effectivement toujours autant difficile de savoir comment les générations suivantes continueront à faire vivre ce loisir, notamment avec la concurrence de tous les autres loisirs. Mais on a vécu de mon point de vue des moments antérieurs où cette extinction du JDR (l’apparition de Magic et des JCC, l’apparition des MMORPG) était bien plus tangible que maintenant.
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