Petit retour de MagicMania, à Lille, ce WE :
Trois jours de Magic non stop, c'est fatiguant. Mais satisfaisant.
[TL:DR] C'était bien.
Un aperçu random du vendredi
Commençons par évacuer les points négatifs tout de suite :
- L'accès : Entrée unique. Toute sortie est définitive, chaque jour. C'est imposé par le lieu, apparemment. Je ne comprends pas la raison, car l'espace d'entrée, à l'extérieur, ne semble jamais s'engorger, ni dans un sens ni dans l'autre. Ca ressemble une sale manigance, car en temps normal, on dirait que le lieu est totalement ouvert.
- Le lieu : Tout d'abord, il est important de rappeler que moins d'un mois avant l'événement, le lieu prévu et utilisé l'année dernière a fait faillite. L'équipe d'orga a fait un boulot extraordinaire pour trouver un lieu de remplacement en un temps très court. Ca n'excuse pas tout, mais ça explique pas mal de points négatifs. Donc, le lieu semble en cours de transformation. Il y a plein d'endroits fermés par des contreplaqués, ou qui font en cours de travaux. Il n'est pas prévu pour la circulation d'autant de gens. Evidemment, il est blindé de tables, donc les espaces de circulation sont réduits au strict minimum. C'est un ancien bâtiment de maintenance des trains, je pense, au vu de sa configuration. Il est tout en longueur, tout dans la veine indus qui revient très fort à la mode pour les tiers lieux. Le passage d'une zone à l'autre pouvait être compliqué, le samedi.
Les chaises ! De veilles chaises plus pourries les unes que les autres. Complètement affaissées, elles obligeaient à se tenir tendu et donnaient l'impression qu'on allait basculer en arrière en permanence. J'ai fait une chute d'une quinzaine de centimètres d'un coup, suite à une défaillance inopinée de l'une d'elles. Le pire point du séjour.
- La bouffe : Trois food trucks. On en a essayé 2, car le troisième ne proposait que des sandwiches qui en plus ne nous inspiraient pas confiance. L'un deux avait au menu des trucs bien convenus pour l'époque, mais qui étaient donc rassurants : Des hamburgers et assimilés. Pas de menus, pas d'accompagnements, sinon avec des suppléments. Et même comme ça, on est restés sur notre faim, de par la taille des portions et l'absence de sauces pour les doritos industriels d'accompagnement. Hors de prix, bien évidemment. Et comme il était impossible de sortir manger...
Le paiement pour la nourriture se faisait grâce à un système de "Tokens", achetables à la boutique d'entrée, par lots au prix dégressif. C'est un système que je comprends pour un organisateur, car il permet de récupérer une rétrocommission sur toutes les transactions. mais en tant que client, c'est un enfer : Il faut savoir combien en prendre, au risque de devoir en acheter d'autres à un prix supérieur, puisqu'en moins grande quantité. Et évidemment, les tickets ne sont pas remboursables. En plus, appeler ça des "tokens", et donc afficher des infos partout pour les tokens, à une convention MTG, c'est juste la meilleure recette pour la confusion !
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Un joueur : Parmi tous les joueurs rencontrés pendant ces trois jour, il n'y a eu qu'une seule expérience négative (la première partie, en plus...). Le mec était planté en zone casual bas niveau, un peu comme un prédateur devant une école. Il nous a montré des bonbons, et nous l'a mise bien profond à l'arrière de la camionnette. En gros, il avait un deck qui respectait à la lettre la règle du Bracket 2, et n'a rien fait pendant plusieurs tours, histoire de nous endormir, puis il a commencé à enchaîner les wipe board à chaque tour, sans rien faire de plus que préparer celui du tour prochain. Bien joué, le coup de canif dans le contrat social. On l'a laissé à son sort (de wipe) juste après le 3e, quand les deux autres joueurs ont compris ce que j'annonçais dès le T2, à savoir que le gars n'avait peut-être même pas de condition de victoire, si ce n'est en jouant sur l'abandon des autres. Il n'a pas du faire illusion très longtemps, car on l'a souvent vu errer avec sa valise les jours suivants.
- Les boutiques : J'ai dépensé un pognon indécent dans une de mes cartes totems Beta. C'est inadmissible.
Et bien sûr, les points positifs :
- L'accès : Plutôt facile, dans un quartier visiblement en cours de transformation. De la place pour se garer et pas loin des deux gares pour venir à pied.
- Le lieu : Il y avait des espaces verts accessibles, de chaque côté du bâtiment. Un grand bien pour les fumeurs et ceux qui ne les supportent pas. Comme il faisait beau (enfin, 90% du temps), ça permettait de manger dehors, voire de jouer dehors, loin du brouhaha, ou de la chaleur (pour ne pas parler de l'odeur de Geek). Des barnums étaient installés dehors, comme une extension de la salle.
- La bou
- Les zones de brackets : Le site était répartis en différentes zones : Des brackets 1-2 au Commander Duel, des zones de limité, des zones de tests de variantes plus ou moins débiles, quelques stands... Même si je reste convaincu que le système de bracket ne fonctionne pas bien, il permet vraiment une délimitation entre les try hard et les casuals. Je n'ai pas mis un seul pied dans les coins Bracket 4+. Par contre, j'ai pu tester un Magic Bloodbowl rigolo et acheter de belles cartes pour le Treachery auquel on joue déjà dans ma commu.
- Les joueurs : Plein de rencontre avec des gens sympas, y compris des gens de chez moi ! (Pas ceux avec qui j'étais parti). Tout le monde était ouvert aux decks à la con (J'ai notamment pu jouer - et gagner - avec mon jeu Robots Unfinity). Quelques discussions sur le jeu, des decks nouveaux...
- Les influenceurs : Bon, je mets ça ici, parce que mes potes trouvent que c'était un point fort de l'événement. Moi, je m'en fous, des youtubeurs. Je ne les connais pas. Mais à voir le nombre de fois que j'ai entendu "Tiens regarde, c'est machin !" avec un regard plein d'amour, il y avait beaucoup de cette catégorie de gens, et ils sont venus pour jouer autant que dédicacer.
- Les artistes : Plusieurs altérateurs se sont relayés au cours des trois jours. Perso, je pense qu'altérer une cartes est un crime qui devrait être passible de jouer à Spiderman en continu pendant des jours. Mais il faut reconnaître le talent de certains. Il y avait aussi des créateurs de proxy (qui en théorie devraient subir le même sort que précédents) et de tokens. J'ai acheté quelques tokens qui m'ont fait rire (Une bouteille avec une étiquette : "White Spirit, 1/1", ou une boite de clous avec l'étiquette "2: Sacrifier pour piocher une carte", notamment).
Mais le vrai point positif, c'était la présence d'Aleksi Briclot (Un des character designers de MTG). La honte ultime, c'est qu'il était relégué dans un coin inaccessible du lieu, hors de la vue de tout le monde. Mais j'en suis égoïstement heureux, car ça m'a permis de passer plus d'une demi heure à discuter avec lui sur la façon de travailler de Wizards avec les illustrateurs au moment de la conception graphique d'un set. Quand j'ai amené le sujet sur le playmat, j'ai senti comme un soulagement après les questions insipides et les déclarations d'amour vides de mes prédécesseurs :-). S'en est suivi une discussion vraiment enrichissante et j'ai bien senti que Briclot était content de partager cette expérience.
- La boutique Playin : Pendant un moment de relatif creux, j'ai sympathisé avec deux vendeurs sur le stand. On a discuté et échangé des anecdotes sur l'histoire de Magic (ce qui est le point de Magic où je brille le plus. Les joueurs de mon pod m'appelle "Père Castor", car j'ai toujours une histoire sur une carte ou une set :-)), sous le regard mi médusé et mi amusé de mes potes qui ont proposé de lancer un concours... Et qui se sont empressés, le soir venu, d'expliquer aux autres à l'appart qu'ils avaient trouvé mon clone.
- Les juges : Des gens très accessibles qui ont parfois du chercher à plusieurs et très loin dans leurs connaissances pour répondre à mes quelques questions à la cons. Le tout avec patience et gentillesse. Je suis revenu avec la confirmation que mon approche des règles était teintée par ma longue histoire avec le jeu.
Bref, un bon moment, puisqu'en plus de la partie Magic, il y avait 8 potes en vadrouille (de 24 à 51 ans... ça fait un sacré écart).