L'Emprise (Sidney J. Furie, 1982) : une jeune mère célibataire est attaquée et violée dans sa maison par une entité invisible.
Qu'est ce que je l'aime, cette petite série B ! Je l'avais pas revue depuis longtemps, ça passe toujours aussi bien. La pauvre Carla vit un calvaire mais évidemment personne ne la croit, du moins au début. ni ses enfants, ni sa meilleure amie, ni les médecins, personne. Pas facile d'être écoutée quand on est une femme seule, libre, qui a été mère à 16 ans et victime d'inceste durant son enfance. On la dira folle, mythomane, frustrée sexuellement, masturbatrice chronique...
Le film est d'une redoutable efficacité, pas de chichi, la première attaque a lieu moins de dix minutes après le début, elle est surprenant, très violente, accompagnée d'une musique agressive et répétitive qui reviendra à chaque nouvelle apparition de l'entité (Quentin Tarantino l'utilisera plus tard dans
Inglourious Basterds).
Le dernier acte est malheureusement bien en dessous du reste. le réalisateur passe de l'horreur domestique à un final à grand spectacle à base d'expérience improbable d'une bande d'étudiants en parapsychologie. Le fameux "Welcome home, cunt" final fait quand même son petit effet.
Punk Girls (Christine Franz, 2023) : ce documentaire s'intéresse aux femmes présentes au début du mouvement punk en Grande Bretagne et en Allemagne. Il suit en particulier deux groupes exclusivement féminins, The Slits et The Raincoats, et deux autres avec une femme au chant, Hans-A-Plast et X-Ray Spex.
C'est du pur bonheur pour qui s'intéresse au sujet. Le film alterne vidéos d'époque (essentiellement de concerts mais pas que) et interviews récentes de plusieurs femmes. On croise Viv Albertine, Annette Benjamin, la journaliste Vivien Goldmann... Ce n'est pas vraiment une surprise, mais même dans cet espace de liberté qu'a été le punk, il n'était pas facile d'être une femme.
Un peu court (moins d'une heure), le documentaire, s'il ne pouvait bien sûr pas tout traiter, fait des impasses un peu inexplicables (Crass en Angleterre, Nina Hagen en Allemagne par exemple) mais est quand même sérieux et documenté, finissant par faire le lien avec le mouvement Riot Grrrl des années 90 en faisant intervenir Kathleen Hanna de Bikini Kill.
Le film est disponible
sur Arte jusqu'au 16 juin 2026.
À la folie (Diane Kurys, 1994) : Alice, artiste peintre venant d'emménager avec son petit ami, recueille sa sœur Elsa qui a subitement quitté son mari volage.
J'ai lancé le film seulement pour Béatrice Dalle, j'en attendais pas grand chose vu que je suis pas très copain avec le cinéma de Diane Kurys. Ça n'a pas manqué, c'est pas bon. Il y avait pourtant quelque chose à faire avec cette histoire de relation hyper toxique entre deux sœurs qui se haïssent mais qui ne peuvent pas se passer l'une de l'autre. À quelques moments on entrevoit brièvement le potentiel pervers et ludique du concept, mais Kurys n'en fait rien, ses personnages étant des girouettes qui agissent en dépit du bon sens et le film virant dans son dernier acte à du nawak complet.
Béatrice Dalle et Anne Parillaud s'en sortent comme elles peuvent, par contre le petit copain c'est une catastrophe avec son look et son jeu qui semblent sortis d'une série AB Productions. Ah, il y a Alain Chabat aussi, qui fait du Chabat.
Des preuves d'amour (Alice Douard, 2025) : peu de temps après la légalisation du mariage pour tous, un couple de femmes attend un enfant.
C'est un de mes chouchous de 2025 et je suis ravi de l'avoir revu. Le film est une petite merveille, très vrai, sans jamais virer vers le pseudo-documentaire austère ou l'article Wikipedia sur pellicule. Non, c'est vivant, c'est très drôle, très touchant également, les personnages sont magnifiques et le scénario arrive à aborder pleinement ce sujet complexe. Il est évidemment question de grossesse, mais aussi du rôle compliqué de celle qui ne porte pas l'enfant, de la PMA alors illégale en France, de l'adoption et ses témoignages de proches, ou encore des familles qui ne comprennent pas toujours.
Pour la petite histoire, je suis très très proche d'un couple d'amies qui ont vécu à peu près la même chose à la même époque et je peux vous assurer que le film montre quelque chose de vrai, j'ai eu l'impression lors de certaines scènes de revivre mes souvenirs :D
